El plástico : le plastique pour les nuls

Et non amigo, c’est pas parce qu’on le dit en espagnol avec un accent sympathique que c’est devenu cool.
On m’a demandé l’autre jour pourquoi on se faisait tout un monde avec le plastique alors qu’il se recycle dans ces fameuses poubelles jaunes qu’on trouve partout dans le royaume de France et de Navarre que nous habitons.
Découvre donc le plastique en 6 étapes.

Le plastique in primis

En fait, on voit tous à quoi ressemble un emballage en plastique, plus ou moins, avec des degrés d’opacité, des formes, des épaisseurs, des touchés et des résistances différents. En termes de concept d’objet on a compris ce que c’était.
Mais avant qu’il prenne cette forme d’emballage autour du produit X que tu as acheté cher lecteur, le plastique a été conçu à partir de matières premières spécifiques car non, il ne se trouve pas comme tel dans la nature (enfin quand il n’est pas recyclé si me diras-tu, c’est bien ce qui lui arrive, mais à la base, le plastique n’existe pas et il est une brillante et génialissime invention d’un mammifère non moins brillant et génialissime, l’Homme).
Le plastique est donc issu d’une transformation. Et oui. Grande nouvelle.

A partir de quoi est fabriqué le plastique ?

La matière première de cette invention du diable est… je te le donne en mille… LE PETROLE. Ce dernier est donc extrait des sols et puis envoyé en raffinerie où il sera… raffiné dans une grande tour de distillation. Il sera alors chauffé à bloc pour obtenir différentes matières premières (kérosène, fuel, bitumes… en fonction des coupes obtenues lors de la distillation, les matières les plus lourdes se retrouvant en bas de la tour et les plus légères en haut de celle-ci) et notamment le naptha (qui sera en haut de la tour). Le naphta est donc le pétrole raffiné avec lequel on obtient de l’éthylène et/ou du propylène ce qui nous permet de produire du plastique. Étonnante coïncidence, on utilise aussi le naphta pour produire des médicaments, des engrais ou des parfums (mais a priori ça ne choque personne donc passons sur ce point).

Ne serait-ce pas plus joli et agréable d’utiliser des bouteilles en verre pour la table ? Ou une petite gourde pour se déplacer ?

Comment transforme-t-on les matières premières en plastique ?

Après avoir obtenu le naptha par distillation du pétrole, on passe à l’étape du craquage. C’est-à-dire que l’on chauffe très fort (800°) le naptha et qu’on le refroidi ensuite sans transition à 400°. Mais à quoi ça sert de faire ça ? Simplement à « craquer » les molécules de naptha en plus petites molécules afin que leur transformation et exploitation soit plus aisée.
Les molécules obtenues après la phase de craquage s’additionnent ou se condensent ou se lient d’amitié entre elles et forment alors des polymères.
Les polymères ce sont des billes ou des granulés tel qu’on en voit parfois sur internet (ou en vrai, ça dépend de ce que tu fais dans la vie). On peut aussi en trouver sous forme liquide voire même en poudre dans certains cas.

Ces petits polymères tout crades sont ensuite envoyés à la douche et sont lavés pour être à nouveau transformés en paillettes et puis relavés et donc finalement encore transformés en d’autres granules.
Ce qui commence déjà à faire un peu d’eau. Mais on s’en fou car on a produit du plastique ! Just like that.

En gros, pour faire du concret, il faut, pour produire une bouteille en plastique d’un litre :
– 100 ml de pétrole
– 80 gr de charbon
– 42 litres de gaz
– 2 litres d’eau

Que représente la consommation de plastique ?

En France, 9,3 milliards de litres d’eau en bouteilles sont consommés par an, versus 89 milliards de bouteilles plastiques vendues dans le monde. Oui, la si petite France a un léger impact sur la conso globale contrairement à ce que beaucoup pensent. La France est même le 5ème plus gros buveur d’eau en bouteille au monde. On moyenne à 25 millions le nombre de bouteilles en plastique jetées chaque jour (alors que l’on possède en grande majorité un accès à une eau potable de qualité par le biais d’un objet très avancé technologiquement : le robinet). Parmi elles, seulement 26% sont recyclées. Pour le reste, 25% sont enfouis en décharge et les derniers 49% sont valorisés pour produire de l’énergie.
On jette aussi en France 9 millions de pailles en plastique (rien que dans la restauration) par jour.

Tout cela dans le plus grand des calmes en se disant que ce n’est pas notre si petite et chère France en comparaison à la Chine ou aux USA qui pollue tant.

-> Idée reçue. La France vit largement au-dessus de ses moyens : sa consommation de ressources naturelles, c’est comme si on dépensait 3000 balles par mois en gagnant le SMIC : la banque ferait grave la gueule. Et dans notre cas, la banque, c’est le monde du vivant. Il faudrait 2,7 planètes pour survivre si tout le monde vivait comme les Français.

Du coup heureusement qu’il y a des pays super pauvres qui n’ont accès à rien pour nous permettre de boire de l’eau en bouteille par exemple ou d’acheter des objets en plastique à usage unique fabriqués au bout du monde.

Des lectures vraiment au top pour voir les choses différemment sur l’Homme, le social, notre économie et sur l’environnement.

Part de recyclage dans les plastiques jetés avec bonne conscience dans les poubelles jaunes

Concernant le fameux recyclage lui-même, il faut déjà savoir que tous les objets en plastique de moins de 7cm ne sont pas recyclables car trop petits.
En moyenne dans le monde, seulement 14% des plastiques usagés sont recyclés. Sur ces 14%, une partie est perdue lors du recyclage et se convertie donc en déchet non recyclable (environ 4%). Une autre partie des plastiques sera réutilisée pour fabriquer d’autres éléments avec du plastique comme des vêtements par exemple, mais ceux-ci ne pourront ensuite plus être recyclés.

14 – 4 – 8 = 2.
2, si l’on a compris la démonstration, c’est le pourcentage de plastique usagé réellement recyclé en circuit fermé pour produire un nouveau plastique neuf. Notons que pour créer un nouveau plastique tout neuf, même en plastique recyclé avec ce fameux circuit fermé, il faut ajouter du nouveau plastique au mélange pour que cela fonctionne. En somme, si tu lis quelque part que les emballages sont en plastique 100% recyclé : c’est du bullshit. Ou du greenwashing. Ce qui est aussi du bullshit, mais mieux formulé, avec des promesses et des ambassadeurs sur les campagnes réseaux sociaux.

Dire que le plastique se recycle est donc un MIRAGE, une INVENTION pour déresponsabiliser la consommation de chacun et un bon moyen de faire oublier le désastre de cette production en termes de coûts environnementaux.
Cette infographique te fera réfléchir.

Concernant tous les plastiques qui existent ou qui sont produits, seules deux familles de plastiques se « recyclent » :

  • Les PET – type 1 (polyéthylène Téréphtalate) > plastique transparent
  • Les PEHD- type 2 (polyéthylène Haute Densité) > plastique rigide, solide et opaque

Donc si ces noms ne sont pas inscrits au fond de vos bocaux c’est clairement de la grosse douille pour toi cher lecteur car même si à Paris tu peux maintenant le jeter dans la poubelle jaune en mode OSEF le tri on met tout au même endroit dans les faits ça recycle pas plus ton emballage.

Et que se cache-t-il derrière ta poubelle jaune ?

C’est vrai qu’une fois que l’on déverse nos déchets dans les poubelles, on oublie clairement qu’ils ont existé, que nous les avons utilisés, que nous avons cautionné leur production. Ils tombent en quelque sorte dans un trou noir qui devrait se cacher sous les fonds des poubelles et poufpouf on ne les voit plus. Et comme on ne les voit plus c’est comme si on n’avait rien fait.
Pour la faire courte, il y a assez peu possibilités de vies pour les déchets une fois qu’ils ont franchis le cap de la poubelle jaune :
– Le recyclage (nous avons vu les % plus haut dans l’article au niveau mondial)
– La revalorisation, pour produire des énergies par exemple
– L’enfouissement, ou comment mettre sous le tapis des déchets ultimes qu’on ne sait pas ou ne voulons pas (pour des raisons d’argent) gérer.
– Et attention mesdames et messieurs, une solution encore plus brillante que la précédente… L’exportation des déchets !

En quoi consiste l’exportation des déchets ?

Simplement à mettre dans un bateau (ou autre) des déchets trop polluants, trop compliqués à recycler voire en fait impossible à recycler (car oui, nous créons des tonnes de déchets pour lesquels nous ignorons le moyen de les recycler). Nous mettons donc nos déchets encombrants et dangereux dans des petits containers et on leur fait faire le tour du monde (en augmentant encore une fois leur empreinte carbone déjà intolérable) et on les largue dans des pays plus pauvres que le nôtre. Génial comme idée non ?
C’est vrai que profiter de la pauvreté d’autres pays c’est vraiment chic et il fallait y penser. On leur propose de l’argent pour récupérer ce que l’on ne veut plus. Parfois même ils les achètent, pour une raison assez obscure de soi-disant revalorisation des matières premières etc. On fait passer ça pour des déchets qui peuvent être retravaillés et réparés (tandis qu’il s’agit clairement de déchets ultimes) et voilà, on est débarrassé de nos déchets par la magie du pouvoir commercial et de celui d’un système uniquement profitable pour les pays riches.

En gros, les pays les plus démunis se retrouvent à « gérer » des déchets d’objets ou de consommables qu’ils ne seraient même pas capables de se payer pour vivre. Attention, quand on parle d’exportation de déchets on ne parle pas de trois poubelles par an mais de milliers de tonnes de déchets qui sont acheminées vers d’autres pays qui n’ont même pas la capacité ni les infrastructures pour faire quoi que ce soit de ce qu’on envoie.

L’Asie notamment récupère une grande partie de nos déchets. Conséquences ? Le peu d’eau potable à leur portée est contaminée, ils sont victimes de maladies qu’ils ne peuvent pas guérir, cela impacte leurs récoltes, leurs faibles sources de revenus et leurs moyens de survie. Les composants chimiques de nos emballages ont des conséquences graves sur d’autres populations. Nous refusons de nous imposer les conséquences de notre propre consommation mais n’avons aucun scrupule à les expédier chez nos voisins.
C’est 50% de ses déchets que l’Union Européenne envoyait chaque année en Chine avant le traité National Sword de 2018. On exporte aujourd’hui tout autant mais vers d’autres pays d’Asie tels que la Malaisie et la Thaïlande par exemple.

Sous le couvercle de votre poubelle il existe donc tout un écosystème commercial, social et environnemental boiteux, d’oppression pour des plus démunis et dangereux pour les populations et le monde du vivant.
Essaie de jeter un autre regard sur ce trou noir où nos déchets disparaissent. Car c’est dans le jardin d’autres familles qu’ils réapparaissent, sur les plages où tu te targues d’aller en vacances en te disant sur place que vraiment les villes sont sales et que ces populations croulent sous LEURS déchets. En fait, c’est sous les nôtres qu’ils meurent.

Acheter du plastique c’est acheter un déchet. Donc on a le droit d’y réfléchir à deux secondes avant de nous jeter dessus. On peut se demander si on en a vraiment besoin et s’il n’y a pas moyen de trouver la même chose sans emballage par exemple, voire une alternative qui n’aura pas eu un impact négatif tant sur les Hommes que sur l’environnement. En général la réponse est positive, il suffit juste de changer un peu ses habitudes.
Alors n’hésite pas à questionner tes achats en général. Ceux contenant du plastique, bien sûr, mais aussi d’autres objets ou consommables que l’on achète sans réfléchir parce que les prix nous incitent à ne pas nous poser la question.

Sources : les livres de la photo plus haut, unblogsurlaterre.com, novethic.fr, franceinfo.fr, reporterre.net, zerowastefrance.org

2 commentaires sur “El plástico : le plastique pour les nuls

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