Concilier habillage, convictions écologiques, sociales et budget : utopie?

De tous temps les Hommes…
C’est ainsi que j’aurais pu commencer ma dissertation sur le sujet, mais puisque la formulation est actuellement empruntée par tous les lycéens qui préparent la philo, j’ai changé pour quelque chose de plus original, type « Rien n’est simple, la vie est dure ».

Rien n’est simple, donc, lorsque l’on remet en cause son mode de fonctionnement économique et qu’on le met en parallèle avec son mode de fonctionnement écologique. Sur certains aspects, à titre personnel, ça a été plus que facile : mes habitudes de bases étaient assez bonnes et j’ai retiré de multiples bénéfices de ma nouvelle façon de consommer.

Pour la cuisine, pas de changements drastiques, juste quelques adaptations. Dans la salle de bain, rien de bien sorcier non plus, je suis ravie de pouvoir faire moi-même tout ce dont j’ai besoin et surtout, de voir des résultats vraiment encourageants. Tout est simple, économique, écologique, facile à faire et tout va bien dans le meilleur des mondes; j’ai pris de nouvelles habitudes, certaines même que je ne pensais jamais réussir à prendre et je sais que je ne pourrai pas revenir en arrière.

Mais ça se complique lorsque je pense à la façon que j’ai de consommer les vêtements. Peut-être en va-t-il de même pour toi, et c’est la raison pour laquelle j’écris cet article.
Je ne suis absolument pas une « fashionista », « consommatrice de mode » ni même « une meuf tendance ». On pourrait même facilement dire que j’ai pas vraiment de style et des goûts parfois très étonnants. Pour des raisons de simplicité, lorsque je trouve un article qui me convient, j’en profite en général pour l’acheter en plusieurs couleurs, ce qui fait que je me retrouve avec des petits favoris de la destinée qui sont mes basics et que je ponce pendant des années. Là n’est pas le problème. Le problème, c’est que la majorité des habits que je consomme depuis un peu plus de cinq ans sont des vêtements qui viennent de chez H&M et parfois Zara (mais quand même beaucoup plus la première). Sauf qu’on sait tous que c’est absolument impossible d’avoir un produit éthique et écologique aux prix proposés par ces enseignes.

Pour autant… On le sait tous mais on le fait tous. Je veux dire, on en a une vague idée de ce qu’il y a derrière, mais pourtant on n’adapte pas forcément notre consommation. On ne sait plus non plus ce que c’est que d’acheter responsablement, éthiquement. On ne voit aucune marque éthique qui peut se payer une comm semblable à celle des enseignes phares qui habillent les rues aujourd’hui. J’entends par là qu’en ce qui me concerne, si j’avais du acheter quelque chose qui n’a pas un mauvais impact sur la planète il y a a quelques temps, je n’aurais pas su ni où me tourner, ni même expliquer pourquoi les enseignes de fast fashion, concrètement, sont mauvaises pour la planète et pour nos amis les êtres humains qui les fabriquent, parce que non, les t-shirts ne poussent pas sur les arbres, et oui, même si nous ne le voyons pas sur les 4×3 qu’on voit dans le métro à Paris, les conditions de production sont en dessous de tout. Ca ferait surement le bad buzz de montrer un employé dans les usines H&M au Bangladesh qui trime un nombre incalculable d’heures par semaine pour avoir le droit de gagner à la fin du mois un salaire absolument misérable qui ne lui permet pas de vivre décemment… Alors que montrer une jeune plante heureuse de vivre et de porter des fringues stylées fabriquées au détriment d’une partie de la population c’est nettement plus agréable à voir (et ça se tient).

Se pose donc un problème : l’incohérence entre mes valeurs humaines, mes convictions écologiques et la façon que j’ai de consommer les vêtements. Je l’ai déjà dit et on l’entend souvent et un peu partout : acheter, donner de l’argent à une enseigne, c’est vouloir participer à son développement donc soutenir ses valeurs. C’est le même principe quand tu prends ta carte à un parti politique que quand tu prends ta carte de fidélité chez H&M. En gros quoi.

Acheter dans une enseigne, c’est adhérer à ses valeurs. Lorsque tu prends une carte de fidélité dans un magasin pour bénéficier de ses avantages, c’est la même chose que si tu prenais ta carte dans un parti politique : tu soutiens ses idées.

J’ai conscience qu’on fait tous comme on peut et que les enseignes comme celles que je cite dans cet article ont l’avantage non négligeable d’être à la bourse de beaucoup. On a beau dire que c’est pas de la qualité, j’ai des pièces de ces marques qui ont plus de 5 ans (je ne grandis plus c’est exact) et qui sont en super état malgré un prix d’achat à 5 ou 10 euros.
En termes éthiques ou environnementaux ensuite, je ne crois pas que mettre plus cher dans certaines autres enseignes soit vraiment un meilleur geste pour les Hommes et la planète. Je pense à Sandro, Maje et toute la clique. On parle énormément des dérives de la fast fashion, des grandes marques qui font du jolipascher, mais très peu de celles qui font du super cher et de la même manière que les autres, mais qui n’ont pas l’honnêteté mettre leur produits à bas prix.
Je me trompe peut-être mais je n’ai pas la certitude que ces marques aux prix exorbitants fassent mieux pour les fabricants, pour ceux qui travaillent pour eux en dehors des frontières françaises.

Mais donc si rien de ce que l’on connait ne vaut le coup, ne peut répondre à notre besoin de justice sociale, environnementale et économique, comment faire?

Il est vrai que maintenant que tout le négatif est exposé, ça a plombé un peu l’ambiance. Néanmoins : good news, il existe des plans B.
Le plus éthique serait de faire toi-même tes habits, mais sans se mentir, si tu es aussi doué(e) que moi et si tu as des goûts aussi chelou que les miens, ta garde robe va vite partir en vrille.

Solutions, donc !

La première c’est de revoir sa fréquence d’achat. Pour cela, un moyen simple qui fonctionne bien : regarder d’abord le contenu de ta penderie. Constater Ô combien de choses tu possèdes. En faire vite fait bien fait le tri: ce que tu as porté cette année, ce qui te va/ou ne te va plus, ce que tu n’as pas mis depuis un an, deux ans (plus ? coquin va) et préparer leurs vies futures (car oui, on sait tous qu’il y aura plus d’un article concerné par ton tri s’il est fait honnêtement). Deux façons de procéder : revendre en ligne ou donner à des associations (ce qui évite de jeter, tu l’auras saisi).

Une fois que tout cela est fait, ton dressing a fait un joli régime. Tu peux donc enfin savoir… De quoi tu as… réellement BESOIN.
Attention: je n’ai pas pour but de te dire de vivre dans une grotte en slip sans jamais rien acheter ni vouloir porter de nouveau. Ce serait extrêmement frustrant et on sait tous qu’on tiendrait pas l’année. Qu’on le veuille ou non on est dans une société de consommation et tout peut arriver au détour d’un rayon, parce que c’est l’essence même du marketing et de la communication et que lutter sans cesse est impossible. Pour éviter la tentation, on peut donc déjà, moins se rendre sur les lieux de tentations. CQFD. Ca parait stupide. Mais aller dans un centre commercial ou sur le site internet d’une marque de fringues alors que tu veux précisément diminuer ta consommation revient exactement à la même chose que ces couples en crise qui décident de se mettre en difficulté pour avoir une bonne raison de se quitter suite à un nouveau coup de coeur dans L’Île de la Tentation (de rien pour la référence, c’est moi qui offre).

Une fois tes vrais besoin évalués, tu peux commencer tes recherches. Soit sur des sites de marques françaises, éco-responsables ou locales (il existe même des market places telles que Dreamact par exemple ou pléthore de petites entreprises en France que tu peux chercher sur Instagram notamment) soit, tu peux entrer dans le marché de seconde main.
A ta grande surprise tu verras que tu n’es pas le/la seul(e) à posséder des choses neuves que tu ne mets pas et qu’en conséquence, grand nombre des articles que tu vas trouver sur un site de seconde main sont, en général, en aussi bon état que les articles neufs. Tu ne trouveras pas que des chemisiers de Marie-Chantal en effet soie brillante avec épaulettes et boutons dorés (bien que ce soit OK si c’est ce que tu cherches à la base), mais bien des articles vraiment chouettes, actuels, neufs, à ta taille et en prime, peu chers. En effet, qui dit seconde main, dit prix intéressants.
En parallèle, si tu as des habits dont le tissu est encore en super bon état mais que par exemple tu ne le mets plus car les couleurs sont passées ou bien il s’est délavé, tu peux aussi re-colorer tes habits pour la modique somme de 3 euros environ et faire retrouver à certains vêtement leur prime jeunesse en quelques heures (un genre de voyage dans le temps dont la machine pour aller dans le passé serait en fait ton lave-linge! Dingue, je sais).

Ca te laisse donc deux nouvelles façons de chercher (de l’occasion qui ne génère pas de nouvelle empreinte puisque le produit est déjà sur le marché ou du neuf produit dans de bonnes conditions) avec en prime une nouvelle façon de concevoir et valoriser ce que tu possèdes déjà.

Promotion pour plaque d’égout/gaz et close-up sur un vieux pantalon re-coloré qui a l’impudence d’un pantalon neuf.

Si je sais que le neuf-produit-dans-de-bonnes-conditions coute cher, on peut aussi acheter moins souvent… Et s’y retrouver ! On portera d’avantage de soin à nos habits – car ils auront une valeur pécuniaire certes, mais aussi morale – et pourrons peut-être arrêter de se dire « OK, pas grave s’il arrive quelque chose à cette robe, elle m’a couté 2 euros » tout en l’aspergeant de sauce bolo un midi au bureau.
De plus, si tu arrives à vendre un peu ce dont tu n’avais pas besoin, tu auras récupéré quelques dollars à réinvestir soit dans des pièces plus éthiques, soit dans de l’occasion qui correspond à ce que tu recherchais.

Je me souviens que lorsqu’on était jeunes avec ma soeur, il y a fort fort longtemps, on avait droit à un article ou deux pour les nouvelles saisons (ce qui en soit est déjà pas mal). On adorait « aller en ville » (oui je viens de province, et alors?) et le shopping n’était pas encore une activité à part entière comme elle l’est aujourd’hui car c’était exceptionnel : on y prenait beaucoup plus de plaisir que maintenant. Mon but est de retrouver ce rythme de consommation vestimentaire, que je n’ai plus depuis belle lurette.

Il faut donc se définir des petits objectifs et essayer d’y arriver. Rome ne se fera pas en jour mais si tu prends déjà conscience de ta consommation, ton regard va changer et petit à petit tu pourras évoluer. Et oui…, tu pourras quand même craquer sur une petite pièce pas méga écolo parfois. Tu ne pourras pas devenir une Bree Van de Kampf du vêtement overnight donc patience. Et bonne chance ! Le tout étant d’aller au rythme qui te correspond et de trouver le mode de fonctionnement qui te plait le plus.

PS: n’oublie pas de ne pas te culpabiliser systématiquement.
PPS: soit bienveillant avec ta consommation, si tu essaies de changer c’est déjà plus que la majorité donc keep cool si tu sens que c’est parfois compliqué.

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